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Lettre à ma tante

Dans 'Amour' Réponses: 0 | Ce poème a été lu 3179 fois

  1. al1oulautre

    al1oulautre Nouveau poète

    Tes mots viennent comme par enchantement
    m’éclairer sur les doutes qui troublent mon esprit.
    Alors que je désespérai de parvenir à clarifier
    ce mélange confus d’interrogations
    qui hantaient ma pensée,
    voilà que tout s’éclaire !
    "Mais vous matelots appréhendant l’obscurité
    et ses récifs naufrageurs,
    rassurés par la lumière du phare,
    renaissance d‘espérance d‘hospitaliers rivages,
    que savez-vous de la solitude du gardien de cette clarté?
    Et que n’avez-vous prié pour le remercier
    de vous montrer la voie et de vous souvenir
    que cette lumière existe
    et de point jamais l’oublier du moment
    qu’il fera nuit à nouveau sur vos vies !"

    L’écho de leur lecture résonne dans mon cœur
    comme le bruissement d’un ruisseau.
    Sous la fraîcheur et l’ombrage de la douceur des mots,
    l’envie de s’allonger et s’endormir sur ses rivages
    comme un enfant dans la sécurité
    de l’amour des bras de sa mère,
    comme l’oisillon blotti dans le nid!
    "Mais toi le marcheur haletant et perdu,
    qui assèche ta soif à l’inespéré cours d’eau,
    que sais-tu de ses combats menés,
    tourbillons et cascades,
    écluses et barrages,
    pour jusqu’à toi garder la pureté de ses flots?
    Et que n’as-tu prié qu’il garde ce courage
    et qu’après ton départ
    qu’il s’entête à poursuivre sa quête de liberté
    pour étancher la soif d’espérance
    de bien d’autres passagers !"

    Conjuguer le présent sans question et sans doute,
    avec les certitudes de l’habitude,
    peut paraître par peur l’image du bonheur!
    Celui des plaisirs immédiats, du refus des contraintes!
    Celui de l’oubli du temps qui nous est compté,
    de l’oubli des comptes qu’il faudra rendre
    et de ce rendez-vous avec soi-même
    où le mensonge et le paraître
    à titre d’excuses n’auront droit de citer!
    "Mais toi l’homme gavé de virtuels bonheurs
    et de fausses valeurs,
    bonheur de l’inconscience du mal et puis du bien,
    bonheur de l’ignorance du doute et de l’absence,
    que sais-tu du désespoir et du silence
    comme prix de l’éternelle espérance et de la liberté?
    Et que n’as-tu prié pour ceux
    qui t’ont porté dans leurs prières
    et pour qu’ils t’accompagnent
    vers le vrai bonheur
    au risque de te perdre
    d’avoir toujours voulu, par orgueil,
    y cheminer tout seul ! "

    Certainement qu’en haut de ta montagne
    existe cette lumière sublime, inexpliquée,
    qui doit éclairer les cœurs de l’oubli,
    du pardon des errements passés,
    et de l’absolue vérité des engagements à venir!
    Quelle doit être agréable à l’âme
    la chaleur de cette clarté!
    "Mais toi l’apprenti sorcier
    que sais-tu des renoncements,
    des doutes et du don de soi-même
    pour autoriser son cœur,
    à entrevoir seulement, du bas de la montagne,
    cette lueur d'Espoir sans se brûler les yeux?
    Et que n’as-tu prié pour ceux qui t’y précèdent,
    que force leurs soit donnée
    de détourner les yeux de cet éblouissant attrait,
    et de porter sur toi, retardataire de la cordée,
    leur regard, miroir réfléchissant de cette lumière
    comme un encouragement, une espérance partagée
    à atteindre ensemble ce sommet!"


    Qui dois-je remercier pour tant d’amour et de soutien partagé?
    "Mais toi le malade choyé que sais-tu
    du désespoir de l’homme abandonné de tous
    à l’injustice et au poids du fardeau de ses doutes sur sa vérité?
    Mais toi le malade sursitaire
    que sais-tu de la détresse
    de ceux qui ne peuvent attendre de la vie que la mort
    comme seule délivrance,
    comme seule espérance de guérison
    et fin de leur souffrance?
    Et que sais-tu de la tentation à la révolte
    contre cette insurmontable injustice,
    comme un défi aux dieux,
    de ceux qui les accompagnent et qui les aiment?
    Et que n’as-tu prié d’être épargné
    de cette suicidaire solitude
    et que du fond de l’obscurité
    du gouffre de leur détresse
    puissent ces condamnés solitaires,
    au delà de leur souffrance,
    trouver la force d’entrevoir le reflet
    de cette lumière d‘espérance
    et de poursuivre leur combat
    d’ une juste révolte!
    Et que n’as-tu prié pour ceux qui les soutiennent
    en demandant pardon de n’être point certain
    de pouvoir un jour donner autant de toi-même!"

    Oui, je sais ce que je dois
    et à qui je le dois!
    "Mais toi le marchand de certitudes
    que sais-tu de la peur d’être parjure un jour
    et d’oublier de rendre tout le bien qui t‘a été donné?
    Que sais-tu de la peur même de l’oubli de ce soutien passé?
    Que sais-tu de la peur de ne pas être à la hauteur
    de cet idéal d’amour qui par ta famille t’a été confié?
    Et que n’as-tu point prié pour les en remercier
    et que par leur prière ils puissent te soutenir,
    contre l’avis des uns et les doutes des autres
    sur le métier de père,
    à toujours y répondre avec sincérité,
    qu’il ne t’est que devoir et responsabilité
    d’amener tes enfants par l‘exemple,
    à travers le temps, même si la tâche est rude,
    à tourner leur regard et questionner leur âme
    sur l’amour, la solidarité et le respect de l’autre,
    valeurs qui t’ont été confiées par ta famille
    comme inégalable richesse!
    Puisses-tu toujours répondre
    que la paternité n’est que le passage d’un relais
    entre générations de ce bien si sacré!
    Et que n’as-tu prié de point être celui
    qui aura amorcé le renoncement à ce fabuleux héritage,
    sans peur de l’échec,
    car échouer cette tâche en restera enviable
    d’au moins l’avoir tentée!"

    Voilà ma chère Tante,
    les mots que m’a inspirés ta lettre,
    je m’en excuse par avance
    pour leur aspect pompeux ou prétentieux,
    mais ils sont sortis comme ça
    et j’ai pris le parti de ne les point changer.
    "Et quelque puisse être mon destin,
    que ces mots deviennent ma certitude,
    que par toi, il sera dit à tous ceux qui m’aiment
    que je n’aurais jamais qu’un seul vrai regret,
    celui de ne pas leurs avoir suffisamment dit
    et montré à quel point je les aimais aussi!
    Ma certitude que par toi
    il sera dit à ceux qui m’aiment
    que j’ai pris le parti de gravir ta montagne,
    je les ai vu, et toi avec,
    beaucoup loin et haut devant moi,
    comme un repère,
    un encouragement à ne point renoncer.
    Ma certitude que par toi,
    il sera dit à ceux qui m’aiment
    que sans doute la force du pardon
    et celle de la foi me manqueront
    pour seulement espérer atteindre
    ce sommet sans la peur du vertige!
    Ma certitude que par toi
    il sera dit à ceux que j’aime
    que si le doute m’habite parfois,
    c’est toujours avec l’humilité retrouvée
    devant le mystère de l’éternelle miséricorde
    que j’ai essayé de prier, jamais pour moi,
    sauf pour demander pardon,
    mais pour le gardien du phare, le ruisseau,
    le condamné solitaire, les premiers de cordée,
    …pour ceux qui m‘aiment, pour toi,
    pour ceux qui nous ont quitté
    pour vous remercier de m’avoir donné
    la chance d’être aimé
    et pour vous soutenir
    dans votre quête de la Vérité!
    Je t’embrasse comme je t’aime!"
     
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